Jeudi 18 avril 2006, 7 h 28
Da Vinci Crotte
Je vous l’ai promis, alors voilà, hop, je mets mon réveil dix minutes plus tôt pour vous raconter mes péripéties cannoises. Franchement, que je roupille 3 heures ou moins de 3 heures, ça ne changera pas grand-chose (suis arrivé cuicuit, anyway).
Comme tous les ans, ça commence doucètement, d’autant plus que, pour une fois, j’ai décidé d’arriver le mardi et non pas le mercredi. Marre de la cohue pour récupérer mon accréditation, notamment…
Bref, me voici donc embarqué mardi soir à la toute première projo de “ Da Vinci Code ”. Je n’ai pas lu le bouquin, je ne sais pas trop de quoi ça cause et, de prime abord, ça m’excite moyen, surtout le casting : Reno, Tautou, Hanks, franchement, pas de quoi grimper aux rideaux. Et puis, le film dure deux heures trente et comme déjà Ron Howard a tendance à tirer gravement à la ligne sur deux heures, j’imagine sans peine à quel point cela peut devenir interminable. Mais je suis un bon petit soldat et je vais tranquillement poser mes fesses dans la salle Debussy (comble et archi-comble, pas un strapontin de libre). Résultat des courses : un pur navet ! Avis partagé par tous mes petits camarades, ce que nous ne manquerons pas de dire aux télévisions, qui avaient mardi eu toutes ensemble l’idée de faire un micro trottoir. C’est assez piètrement réalisé (alors qu’Howard est plutôt un adepte du soupesé resoupesé normalement), totalement abracadabrantesque, très très bavard (tout le monde a roupillé son petit quart d’heure, moi plutôt deux d’ailleurs) et joué, mais alors joué, d’une façon totalement risible. D’ailleurs, au bout d’un moment une bonne partie de la salle était au bord de l’hilarité. Palme du non-jeu avec option regard bovin évidemment à Jean Reno, la plus grande escroquerie du cinéma français (pas étonnant qu’il tourne de plus en plus aux Etats-Unis).
Hier, mercredi, suis allé voir le collectif “ Paris Je T’Aime ”, qui ouvre la sélection “ un certain regard ”. Comme tous les films de ce type, il y a du bon, du moins bon et forcément aussi du mauvais. D’ailleurs, il est amusant de signaler que les réalisateurs qui nous les brisent sur un long-métrage arrivent à nous casser les couilles tout autant en cinq minutes (Olivier Assayas et Gus Van Sant, notamment, pour ne citer que ces deux plaies filmantes). Mes préférés : le court de Vincenzo Natali et son gothisme nocturne et vampirisme (avec Elijah Wood car la productrice Claudie Ossard ne s’est rien refusé) ; celui d’Alexander Payne, fidèle à sa poésie middleclass ; celui de Chomet, tendre et gentiment décalé… Jusque-là, j’ai tout bon puisque j’avais anticipé et demandé avant même de partir pour la Croisette à rencontrer ces trois metteurs en scène particuliers (ce sera fait demain vendredi). Bonne pioche aussi, avec le court des frères Coen, d’une drôlerie qui renoue avec leurs meilleures œuvres et ferait presque oublié le trop pipi caca “ Ladykillers ”. Mention spéciale à Steve Buscemi, vraiment très drôle. Enfin, excellente surprise que le court d’Oliver Schmitz, que beaucoup citaient au sortir de la projo comme leur préféré.
Voili voilou, il est temps pour moi d’aller voir ce que donne le Ken Loach cuvée 2006. Réponse demain, sans doute !…

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